Une chronique de Jean-Benoît Nadeau parue chez MSN Actualités.
J’ai découvert le Plan Nord il y a 21 ans, à l’été 1991, alors que le magazine L’actualité m’avait envoyé à Chibougamau pour faire un reportage sur la Route du Nord, que Cree Construction ouvrait dans la brousse entre Chibougamau et Nemiscau en territoire cri.
Toujours studieux, j’avais rencontré tout ce qui bouge : les maires, la Société de développement de la baie James, le Grand Conseil des Cris, Cree Construction et même le chef du Conseil de bande de Mistissini.
Le chef de bande de Mistissini m’avait surpris en faisant valoir que la compagnie d’exploitation forestière locale était une compagnie crie. « On veut se développer », m’avait-il dit, en insistant sur le « se ». Lire la suite »


































2 commentaires
Bonjour,
Je lis toujours avec intérêt et même amusement ta chronique sur Sympatico.ca. Suivant la lecture de ta dernière sur le Plan Nord, on a envie de chanter “Tout va bien Madame La Marquise”. Je ne sais pas si tu as prévu écrire d’autres chroniques sur le sujet afin d’en aborder d’autres aspects peut-être un peu moins reluisants, mais il me semble que l’objectivité (journalistique?) aurait commandé un peu plus de nuances. Vrai qu’il est sûrement indiqué de s’intéresser au potentiel de ces vastes étendues, qui est indéniablement immense. Cependant, ce projet soulève de nombreuses questions, lesquelles ne sont pas pour la plupart répondues, ni même clairement “répondables”. Cette incertitude sur certains éléments pourraient semble-t-il moduler passablement l’ampleur des bénéfices nets à tirer de ce projet; en effet, il va de soi qui si les dépenses associées sont beaucoup plus importantes que prévu, les bénéfices en seront d’autant réduits. Pour ma part, je m’intéresse au projet et je note trois points qui peuvent constituer des sources de telles incertitudes:
1) Les défis techniques. Exploiter une si vaste étendue représente un défi inimaginable au plan technique, en raison de l’éloignement, du climat et de la topographie. Sans compter un élément majeur, qui est celui de construire routes et voies ferrées sur du pergélisol qui va vraisemblablement prendre la consistance du jello d’ici les 50 prochaines années… Les chinois ont construit un train sur pilotis dans le pergélisol, pour aller chercher les ressources dans les hauteurs du Tibet, et ça a coûté une fortune…
2) Les redevances et les conséquences économiques. Il semble que l’automatisation des mines modernes résulte en ce que de moins en moins de personnes sont employées sur ces sites. Il doute que le développement de l’industrie minière associé au Plan Nord résulte en une quantité si élevée que ça d’emplois pour les communautés concernées, surtout qu’on fait souvent de la sous-traitance pour ce genre d’emploi. Pour ce qui est des redevances, le dernier budget Bachand parle de 4 milliards pour les 10 prochaines années, ou quelque chose comme ça. En comparaison, les travaux d’infrastructure routières au Québec pour la seule année prochaine se chiffre à environ 3 milliards… On est loin de l¹eldorado, il me semble…
Si le Québec est un des endroits au monde où l’industrie préfère travailler (ça veut dire devant des pays comme le Botswana et le Sierra Leone…), dixit une représentante de l’industrie dont j’ai malheureusement oublié le nom, ce n’est sûrement pas parce que les redevances y sont aussi élevées qu’elles pourraient l’être, à la lumière de ce qu’on trouve ailleurs! Et quand on voit la façon dont certains autres dossiers traitant des ressources naturelles sont traités au Québec, on a raison, il me semble, d’être suspicieux: le cas de Pétrolia à l’ïle d’Anticosti est éloquent:
http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/energie-et-ressources/201204
/18/01-4516764-petrole-a-anticosti-hydro-ignorait-le-potentiel-des-gisements
.php
3) Les impacts environnementaux. C’est probablement la source du plus de réticences de la part des gens qui questionnent le projet. Les minières ne sont pas spécialement reconnues pour être d’excellents citoyens corporatifs, surtout pour ce qui est de l’état dans lequel les sites miniers ont été abandonnés dans l’histoire (je parle au passé; laissons la chance au coureur pour le futur, mais bon…). Si la facture de la restauration est refilée à l’état (donc au citoyen), ça pourrait annuler une grosse partie des bénéfices. Restaurer un site minier engendre des coûts stratosphériques…
Évidemment, on pourrait toujours débattre quant à savoir si ce n’est pas le prix à payer, mais au-delà d’un tel débat, ces préoccupations m’apparaissent plus que légitimes. Surtout que contrairement à l’hydroélectricité et la Baie James des années ’70, les gisements, aussi grands soient-ils, ne constituent pas une ressources durable. Ce n’est pas une raison pour ne pas les exploiter, soit, mais quand il n’y en aura plus, dans 50 ans, dans quel état sera le milieu environnemental et social? Des Murdochville à la grandeur du territoire? Pas très invitant pour les générations futures!
Enfin, pour ce qui est des aires protégées, elles ne résolvent pas le problème de fragmentation du territoire, ce qui pose un problème pour la migration des grands mammifères comme les 400,000 caribous que tu évoques.
De plus, notre cher Premier Ministre mentionnai lui-même il y a quelques mois qu’il n’était pas sûr de la manière dont on allait procéder pour assurer le pourcentage d’aire protégée prévu… On verra, comme dirait François Legault???
Bref, je ne suis pas contre le Plan Nord, c’est plutôt le contraire même: je pense que s’il est bien fait, ça peut être très bénéfique. Mais je suis un peu exaspéré par la façon idyllique du Gouvernement de le présenter et par le fait même, de balayer du revers de la main toute évocation des doutes, difficultés, questions qui y sont associées. J’ai trouvé que ta dernière chronique jouait un peu trop ce jeu.
Bonne fin de journée,
Mathieu Valcke
ok Jean ecoute et si tout les resource du canada qui sont exporter et pas transformer dans notre canada ou province serai taxer a leur juste prix, pas un canadien aurai besoin de payer de taxe.On est que app…30 millions de population, c la population de la stade de new-york et il paye le produit finie moins cher que nous les canadien ou quebecoie, c tu just pour nous.Ou est l ereure`dit moi.