
Une chronique de Jean-Benoît Nadeau parue chez MSN Actualités.
Si vous saviez comme il est reposant de penser à l’université et au savoir autrement qu’en termes de dégel et de droit de grève!
J’ai passé toute la journée d’hier au congrès de l’ACFAS et je dois dire que cela m’a fait beaucoup, beaucoup de bien.
L’ACFAS, mais qu’est-ce que ça mange en hiver?
Cette vénérable organisation, qui célèbre ses 89 ans cette année, est l’ancienne « Association canadienne-française pour l’avancement des sciences », rebaptisée Association francophone pour le savoir en 2001, mais qui a conservé le vieil acronyme.
Son 80e congrès annuel, au Palais des Congrès de Montréal, accueille 5000 chercheurs, dont presque un millier d’étrangers, réunis pour entendre ou livrer 3500 communications scientifiques sur une multitude de sujets, allant de la langue au Plan Nord, en passant par la santé et l’environnement. Lire la suite »






































8 commentaires
Vous avez raison. Nous avons besoin de ces «pelleteux de nuages» qui, en fait, n’ont pas vraiment la tête dans les nuages. En fait, ils sont à la recherche du trou dans le nuage, ce trou qui laissera voir le soleil, la lune, Vénus, la Voie lactée ou le passage des satellites qui nous tournent autour pour toute espèce de raison.
Bien sûr, il s’en trouvera toujours pour affirmer que tout cela n’est pas nécessaire, qu’un machin comme Hubble ça coûte trop cher et que¸ de toute façon on ne pourra jamais aller metter les pieds sur ce que le télescope va nous permettre de voir. À ce compte là, un reportage sur les fosses abyssales n’est pas plus utile puisque ni vous, ni moi, ni eux ne pourra y descendre de son vivant.
C’est fou comme ceux qui prétendent pouvoir se satisfaire de l’ignorance me donnent de l’urticaire.
Alors, longue vie aux pelleteux de nuages. Je les préfère, et de loin, à ceux que l’on appelle en anglais, les «bean counters».
ton article sur université je te félicite mais n’oublions jamais que les diplomés de la vie qui ny ont pas l acces faute d argent mais autres raisons xxxxx s’ils ne seraient pas la cé futur universitaire et nos dirigeants ne dirigeraient pas grand monde moi j habite pres de école secondaire le gaspillage et le p’tit chemin qui mène au village est plein de détritus de toutes sortes que font nos grands éducateurs ou dirigeants aucune poubelles aucune trace de cendrier une bonne période a mettre au calendrier des prof et des eleves et tous adultes qui la fréquente sortent faire exercice et sauver not planete hi hi de si grands penseurs de grace respectez tout le monde
Je réagis à chaud sans avoir vérifié les statistiques.
Oui, il y a plusieurs universités dans un rayon de 150km de Toronto. Mais puisque, si ma mémoire est bonne, un cinquième de la population canadienne vit dans ce qu’on appelle le Golden Horseshoe, ne serait-il pas normal qu’un cinquième des universités canadiennes s’y trouvent?
Et oui, il y a une université à Hamilton et pas à Sorel. Mais ce peut-il qu’il y ait une plus grande densité de population dans un rayon de 100 km de Hamilton que dans un rayon de 100 km de Sorel?
Ceci étant dit, je suis d’accord avec l’idée que nous devrions nous entêter à planter des universités comme autrefois nous nous entêtions à planter des villages.
Bon point, mais je pense qu’il y a là une question d’oeuf et de la poule:
L’enseignement supérieur est une telle richesse que l’on pourrait aussi se demander si Toronto n’a pas 1/5 de la population canadienne parce qu’elle a autant d’universités dans son hinterland. Même raisonnement pour Sorel vs Hamilton.
La présence d’universités a sans aucun doute contribué à la richesse de cette région.
Cependant, pour établir une université, il faut au départ une population et un certain niveau de développement. Trouver un village indigène isolé en Amazonie et installez y une université, vous ne contribuerez pas au développement du village, vous aurez créé un inutile éléphant blanc. Il faut un oeuf pour avoir une poule (Voir note 1).
Avons-nous la population et le développement nécessaire? Autant que quiconque.
Et je dirais qu’il y a un lien à faire entre votre idée de nous voir fonder à qui mieux mieux universités, instituts et autres machins et votre observation du fait que, le plus souvent, le développement du formidable réseau informel de la francophonie s’est fait par des initiatives individuelles. (Et pour recruter et pour faire connaitre ces institutions, nous devrions utiliser le réseau des organismes et institutions francophones à travers le monde, et s’intéresser aux 25 millions de francophones des Amériques. Une autre de vos idées. Attention ou vous allez finir par changer le monde francophone…)
Michel Patrice
Note 1 : Oui, je sais, et d’où vient donc l’oeuf? D’un animal qui n’avait pas encore atteint le stade de poule. Une proto-poule, mettons.
Je fais partie de ces pelleteurs de nuages comme vous le dites. Je suis une scientifique qui oeuvre dans le domaine de la recherche …. quoi de moins concret dirons certains !
Selon moi, les université sont essentielles, elles sont des incubateurs à idées, des lieux de transmission du savoir mais aussi un point de rencontre de toute une gamme de cerveaux qui sans cette structure ne se croiseraient probablement pas. En tout les cas, pas aussi souvent.
L’avancement de la science, du savoir, ou de la société (utiliser le terme qui vous chante, il sont tous liés) passe souvent par le croisement d’idées, par leur confrontation, leur mis en commun, leur juxtaposition, leur application dans un autre domaine qui devient alors une percée scientifique.
Puisque la structure actuelle de nos centres de recherche publics a été décentralisée, les universités reste le lieu ou un ou une scientifique peut l’être à part entière et faire abstraction de bon nombre de barrières administratives. Bien sur il y a les départements, les facultés et parfois les différents campus. Par contre, de toute ma carrière l’université demeure le seul endroit ou j’ai pris un repas avec un physicien, un médecin et un botaniste à la même table.
Croyez-moi, ces discussions, ces rencontres de cerveaux sont essentielles au développement de la science et à a la recherche de solutions sur des sujets qui préoccupe la population. Oui à toutes les universités, petites, moyennes ou grandes. Oui au financement privé, public ou de source inconnue. Oui aux universités anciennes avec leurs traditions et oui aussi aux nouvelles universités dans des locaux de fortune.
Peu importe les moyens ou la méthode, il faut se prévaloir de ces opportunités de faire bouillonner notre savoir collectif !
Bonjour monsieur Nadeau,
Je ne ferai pas de ronds-de-jambes ni irai par 4 chemins pour vous partager mes impressions à la suite de la lecture de votre article “Ode aux pelleteux de nuages”. C’est fort simple et ça se lit comme suit : j’ai adoré!!!! Je me suis sentie à la fois si soulagée et si comprise à cette lecture! Enfin un Québécois qui n’a pas simplement compris que le savoir est important, mais qui le dit haut et fort. Et qui plus est, avec fierté. Comme ça fait du bien! Je suis persuadée qu’à la lecture de ces propos vous avez immédiatement compris que je fais partie de ce monde de “pelleteux de nuages”. Et c’est exact. Mais pas n’importe lequel : celui qui souffre d’expérimenter jour après jour de mépris de la part de ces concitoyens justement parce qu’il est membre actif de ce dernier. Et qui ajoute l’injure à l’insulte en osant en être fière. Vous savez, lorsque j’ai obtenu mon diplôme de maîtrise, mon mentor m’a dit : “Tu sais, ce n’est pas une synécure d’être un chercheur et un intellectuel dans la province de Québec.
Nous essuyons bien plus de mépris que tu peux le penser. Et nous devons avant tout chose se battre pour faire tomber les préjugés tenaces avant même de pouvoir débuter notre boulot de chercheur”. J’avoue que j’espérais qu’il se trompe. Mais hélas, mes diverses expériences m’ont démontré qu’il a raison. La toute dernière étant justement celle que j’ai vécu à Chibougamau, endroit que vous sitez dans votre article. Ayant été recrutée par la commission dont la nature en était justement une d’éducation, je m’enthousiasmais par avance d’y rencontrer et d’y fréquenter des gens ayant un penchant particulièrement enjoué pour le savoir de tout acabit. Mal m’en pris. Une fois que vous avez bien gratté sous l’épaisse couche de surface et cesser de prendre pour acquis la langue de bois utilisée dans les beaux discours, vous vous rendez compte que vous êtes revenu dans le plus fort des années de l’obscurentisme. Et que c’est avec acharnement, entêtement et mépris que l’ensemble des citoyens de cette place perçoivent le savoir comme l’ennemi à abattre. Si malgré tout diverses personnes finissent par le tolérer, c’est que parfois, ce savoir est espoir d’entrée d’argent, de beaucoup d’argent sous forme de salaire immédiat ou à venir. Alors je me suis questionnée : “Est-ce que tu as le désir de faire tomber les entraves de l’évolution avant même de leur proposer tes idées, tes projets?” Pendant près de 2 ans, la réponse a été oui. Mais finalement, la résistance efficace et permanente que j’ai rencontré jour après jour a eu raison de mes meilleures intentions. Et j’ai quitté la région. Lorsque j’ai remis ma démission, j’ai confié ma grande déception à un collègue de travail, originaire de la place, comme suit : “J’ai tellement d’idées que j’aurais aimé partager et tenter de réaliser avec vous. Je suis peinée de ne pas avoir eu l’ouverture pour le faire malgré l’ensemble de mes efforts soutenus.” Et savez-vous ce que le collègue m’a répondue, monsieur Nadeau?
“De toute façon, l’organisation est loin d’être prêtre à les recevoir, même
pas certain qu’elle possédait ce qu’il faut pour seulement les entendre.”
Alors comprenez-moi bien lorsque je vous dis que je saisis toute l’ampleur de vos propos lorsque vous utiliser le mot “commencer à sortir” au sujet de l’obcurentisme. Et sachez que votre reconnaissance a été pour moi un beaume sur mes blessures de guerre. Car je vous avoue humblement que malgré ce type d’expérience qui m’a fortement ébranlée, je ne renonce pas. Et je sais que le savoir, de quelque nature que celui-ci soit, est le 1ier pas vers l’évolution, vers le pouvoir d’agir personnel et collectif qui est un élément des plus essentiel afin de passer du stade de l’être humain préhistorique à celui du futur. Alors comme mot de la fin, je vous appuie en disant ceci : “Vivement les pelleteux de nuages” et j’ajouterai ceci : “Car sans eux, le soleil n’apparaîtrait jamais et la pluie et le manque de lumière ne créeraient que la moisissure et la pourriture.
D’une pelleteuse de nuage qui est fière de l’être.
Comme le disait fort doctement Zachary Richard (autre grand peleteur de nuage sans le diplome): Lâchez pas la patate!
JBN