Une chronique de Jean-Benoît Nadeau parue chez MSN Actualités.
La honte. C’est le sentiment que j’éprouve chaque fois que je repense aux Autochtones ou que je visite une réserve.
Peu de gens savent que l’Apartheid, en Afrique du Sud, s’inspirait de notre ancienne loi sur « l’émancipation des sauvages », première version de notre actuelle Loi sur les Indiens.
Nous vivons donc en apartheid, sauf que le Canada ne sera jamais mis au banc des nations. Question de nombre : l’Apartheid bafouait les droits de 80 % de la population sud-africaine; notre loi sur les Indiens bafoue les droits de 3 % de la population canadienne – 1 % au Québec.
Les Canadiens et les Québécois ont donc les moyens d’« oublier » les Indiens, et de jouer les étonnés quand les dominés se remettent à brasser la cage. En 1990, la crise d’Oka a suscité plusieurs tentatives de réformes qui sont venues bien près d’aboutir et qui ont échoué pour toutes sortes de raisons – sauf quelques ententes à la pièce, dont la fameuse Paix des Braves avec les Cris. Lire la suite »







































16 commentaires
Bonjour,
Concernant les privilèges des Indiens, il n’y a pas que l’automobile.Nous avons eu quatre enfants et à chaque entrée scolaire nous devons payer pour l’habillement, les livres, le logement pour toute étude à l’extérieur cegep, université. Pour tout Indien vivant sur une réserve tous ces frais sont payés par le Gouvernement Fédéral nos taxes. De plus j’ai déjà vu Max Gros-Louis au restaurant St-Hubert de Charlesbourg un jeudi au souper présenté sa carte d’indien pour ne pas payer la T.P.S._T.V.Q. pour tout son groupe à sa table. Moi comme Québecois je dois tout payer et je trouve qu’il existe 2 poids 2 mesures. Comme Mme Bombardier mentionnait dans son article d’abolir les réserves ce serait la bonne solution et que tous deviennent des Canadiens Anglais et Français au pays avec les mêmes droits les nôtres.
Comment ce fait-il que Max Gros a pu être exempté des 2 taxes alors que vous dites M Nadeau que pour être Exempté on être sur la réserve et je ne crois que le St-Hubert soit sur la réserve.
J`ai moi-même vue une personne chez Costco à Brossard, sortir sa carte d`indien et d`être exempté des 2 taxes devant moi.Il a même fait installé ses pneux chez costco et non sur la réserve. êtes vous sûr M. Nadeau de vos sources de références.
Merci Andé Houle
Bonne question. Je ne suis pas un spécialiste de la loi sur les Indiens, mais je suis très certain de ce que j’écris, mais comme beaucoup de gens ignorent la loi dans ce sens, il se peut que des gens se croient obligé. Un gars s’essaye, comme on dit. Cela dit, dans le cas de Brossard, cela me n’étonnerait pas que ce soit un Mohawk et comme les Iroquois sont dans un cas particulier et avec un traité particulier impliquant deux pays, deux provinces et un État américain, je ne serais pas entièrement étonné qu’il puisse s’agir d’autre chose.
En réponse à votre article sur les autohtons, j’aimerais simplement vous préciser que les premières nations sont elles-même responsables de leur situation. Elles refusent carrément de s’intégrer et de s’adapter aux contextes contuellement changeants de la vie actuelle.
Lorsque je devais trouver un emploi, je devais déménager (quelques fois sur de grandes distances) et m’adapter à mon nouvel environnement. Il aurait été beaucoup plus facile pour moi de demeurer à l’endroit où je vivais (où il n’y avait pas d’emploi) et gémir.
La vie demande de la souplesse devant les changements constants.
Vous avez raison, Richard: le problème est très largement culturel.
Pour avoir déjà travaillé dans la région de Châteauguay, croyez-moi, quand un Mohawk vous présente sa carte, il ne vous passe même pas l’envie 2 secondes de le contrarier en lui demandant si vraiment il a le droit à l’exemption de taxes. De plus, c’est en anglais et seulement en anglais que la plupart exige qu’on leur parle par dessus le marché.
Je crois sans me tromper qu’il y a même une caisse Desjardins dans la réserve de Kahnawake. Comment cette institution pourrait être viable financièrement sans accorder AUCUN prêt au Mohawk?
Je vous invite à allez jeter un coup d’oeil dans cette réserve (je vous souhaite de pouvoir y acceder, la circulation étant controlé le plus souvent). Vous y trouverez une certaine pauvreté certes, mais aussi des richesses des plus extravagantes. Peut-être y voir ici un lieu avec la cinquantaine de cabanes à cigarettes de contrebande à la sortie du pont Mercier …
Vous parler de honte dans votre article. Je crois profondément qu’il faut tout d’abord s’aider soi-même avant d’accuser un pays tout entier pour nos malheurs.
Je continue de ne pas voir grand chose dans ce que vous argumentez. Les Mohawks ont bien le droit d’avoir leur caisse pop – quant à savoir si elle fait plus de prêt ou moins de prêt que toute autre caisse pop, cela reste à voir. Les Mohawks sont un cas à part puisqu’ils sont parmi les plus urbanisés, les plus scolarisés et les plus prospères parmi les autochtones.
Cela dit, si des commercants donnent à des mohawks des rabais de taxes pour faire des affaires avec eux, c’est une décision commerciale qui ne regarde qu’eux.
Pour ma part, je ne suis pas personnellement impressionné par quelqu’un qui parle anglais même quand il est plus grand que moi. Mais cette question ne relèeve pas non plus des autochtones mais de la sociologie des Québécois.
J’ai adoré cet article, même s’il me fait un peu haïr TOUT premier ministre québecois des dernières décennies qui a laissé passer tout ça sans réagir, même celui que j’aime…
Pour les critiques sur les St-Hubert, je trouve ça ti-coune de leur reprocher de profiter des miettes que notre société québecoise leur garroche après les horreurs qu’on leur a fait subir, comme d’emprisonner tous leurs enfants 10 mois par année pendant 100 ans dans des pensionnats qui furent ni plus ni moins que des camps de torture, surtout pour celui qui aurait essayé de se souvenir de sa langue…
Imaginons, si les anglais nous avaient fait le coup des kidnappings systématiques de nos enfants francophones pour nous enfermer dans des pensionnats anglophones, nous interdisant de parler français, avec des profs abuseurs sexuels qui dénigraient à longueur de journée notre culture, nos racines et nos gênes francophones… Pendant plusieurs générations, tous nos villages sans enfants 10 mois par année… On a été très bien traités par les maudits anglais, comparativement à la façon dont tous les très maudits blancs ont traité les indiens.”
Très juste.
JBN
Merci, MERCI, M. Nadeau!
Votre article devrait être publié en lettres lumineuses sur les panneaux d’autoroutes!
Laissez-moi vous donner d’autres petits exemples, qui pourront peut-être un jour vous être utiles sur ce sujet.
Je suis une 6.1, puisque j’ai perdu mon identité lors de mon mariage avec un Blanc en 1973; nos enfants, nés en 1975 et 1977, étaient de “simples” canadiens, jusqu’en 1985, date où ils sont devenus 6.2… alors que les enfants de mon frère et de son épouse française sont tous 6.1.
Une de mes nièces, statut 6.1, a eu un premier garçon “hors mariage”; il a donc le statut 6.1, étant un enfant mâle; son frère, né “dans les liens du mariage”, ne peut bénéficier que du statut 6.2, puisque le père (le même père pour les 2 garçons!) n’est pas autochtone!!! Voici la perversité de ce fameux chapitre 6 que vous citez dans votre article… Cherchez l’équivalent dans une autre loi canadienne, américaine ou d’une autre nation dite “civilisée”.
Mon père, vétéran de la 2e guerre mondiale, ne pouvait m’inscrire lui-même à l’école; c’est l’agent des Indiens qui m’a inscrite à toutes mes années d’études jusqu’en… 1973, année de mon mariage! Je suis quand même privilégiée d’avoir pu faire des études post-secondaires sans être “émancipée” automatiquement, comme c’était prévu par la Loi jusqu’en 1950.
J’espère que ces quelques nouveaux détails vous seront utiles un jour…
H.B.
Indienne, puis “plus indienne”, puis de nouveau indienne… sans contrôle sur son identité, finalement…
Vous dites dans votre article, que les autochtones vivant hors réserve paient de l’impôt et bien si vous habitez hors réserve et que vous travaillez sur une réserve vous êtes exempt d’impôt.
J’ai des doutes là-dessus. C’est votre expérience ou une hypothèse?
M. Nadeau,
J’aime bien votre article même si je trouve que vous avez quelque peu parti prit…
Je ne me lancerais pas sur un débat de chiffre ayant lu vos commentaires par la suite….Il ya de l’abus….Certains chef (dont une dame sur la grève de la faim) abuse du système et en profite largement….Mais au lieux de montrer toujours les pleurnicheurs…pourquoi ne pas montrer des histoires de réussite….car oui il y en a…J’ai un ami amériendien qui a complété un bac en enseignement et qui vit comme tout bon citoyen…Il paie des taxes car il a décider de vivre normalement et en dehors de sa réserve…..N’est il pas la le piège ? a vouloir tout sectariser….Les amériendiens qui veulent vivre dans leur réserve se prive eux même de savoir et d’une culture différente,…..tant qu’il vivront ainsi il y aurra des histoires d’horreur. Bref il n’est pas mal de vivre dans une réserve mais on doit accepter ce qui vient avec…Félicitation à ceux qui ne se plaignent pas et qui réussisent car ce sont eux LES VRAIS…..
Vous avez raison sur le fait qu’on peut raconter davantage d’histoires à succès d’autochtones.
Mais je trouve que vous allez un peu vite à propos des réserves. Vous savez, il y a bien des anglophones qui pensent que les francophones gagneraient beaucoup à ne plus vivre au Québec ou à tout le moins à s’assimiler au reste du continent. Je pense qu’il est tout à fait légitime que des autochtones veuillent demeurer où ils sont et protéger leur culture. Selon votre raisonnement, il faudrait fermer les trois quarts des villages du Québec.
Moi ça me révolte… Je sais bien que ce n’est pas tous les autochtones qui ont beaucoup de bénéfices, cependant, j’habite dans une petite ville dans le Nord-du-Québec, et la situation des Cris est toute autre. Je suis d’accord avec un commentaire plus haut à savoir qu’on devrait abolir les réserves et les intégrer à la société. Les immigrants d’autres pays doivent travailler pour avoir ce qu’ils ont et s’intégrer à la société, je crois que ça devrait être la même chose pour les autochtones. Ils arrêteraient de chialer sur leur sort puisqu’il serait le même que pour tous les autres Québécois.
L’année dernière, nous nous sommes faites dire que d’ici quelques années, ce serait un gouvernement Cris qui dirigerait le Nord-du-Québec. Nous aurions 1 représentant Blanc à la chambre, mais les autochtones en auraient 3. Si nous en voulons plus, il faudrait s’arranger avec les coûts. De plus, pour ce qui est du droit de vote, les personnes qui sont en dehors de la région soit pour maladie (ex. traitement) ou pour la scolarité ne pourraient pas voter pour les Blancs, mais les autochtones si. Vous trouvez ça juste, pas moi!
Ensuite, la réalité dans le Nord est que beaucoup de personnes ont des camps ou des chalets en pleine forêt (très réglementés) pour chasser ou pêcher. Ce ne sont pas des terres achetées, mais louées à la Couronne. Avec ce nouveau gouvernement Cris du Nord Québécois, ils ont maintenant le droit de faire enlever nos camps ou chalet, bien qu’ils soient là depuis les années 50 ou 60. Donc demain matin, un Cris pourrait m’obliger a détruire mon camp sans donner de raison, parce qu’il est sur ses terres et je n’aurais pas un mot à dire. Ce sera pareil pour les entreprises. Elles devront payer la redevance que les Cris auront décidé puisque l’entreprise sera sur leurs terres. Est-ce que les entreprises vont payer des frais astronomiques pour être là, ou elles vont décider d’aller ailleurs parce que ça coûte trop cher?
Nous, nous avons des réglements pour la chasse et la pêche, mais pas eux. Je peux comprendre dans une certaine mesure que si c’est pour manger, il n’y a aucun problème. Par contre, tuer 10 orignaux au printemps en disant: On ne va pas les manger, ils ne sont pas bons à ce temps-ci de l’année, je trouve ça horrible. Tuer des animaux pour tuer, personne ne devrait avoir ces droits.
De plus, en allant sur une réserve Cris pour le travail, mon conjoint a vu un entrepreneur refaire de l’asphalte neuve qui avait probablement été fait l’été d’avant. Il lui a demandé pourquoi il faisait de l’asphalte là parce qu’elle était neuve. L’entrepreneur lui a fait comme réponse qu’il faisait ça à chaque été parce que les Cris devaient dépenser l’argent qui leur étaient attribués sinon il aurait un bugdet diminué l’année suivante. Alors il refaisait de l’asphalte sur de l’asphalte neuve de l’année dernière. Si ça ce n’est pas jeté notre argent par les fenêtres…
Pour finir… bloquer des ponts ou des routes. Je peux vous garantir de source sûre que si c’était des blancs qui feraient ça, le gouvernement enverrait l’escouade tactique ce ne serait pas trop long. Par contre, les autochtones, il ne faut pas les froisser! C’est comme lorsqu’ils ont bloqué la route 117 armés de fusil et tout, ça duré une semaine entière, ça n’aurait même pas duré un avant-midi si ça avait été des blancs, surtout pas des blancs armés! Et vous pouvez même regarder dans le passer c’est déjà arrivé! Il y aurait encore beaucoup à dire… Beaucoup de gens ignorent la VRAIE situation dans le Nord Québécois et bien en voilà une minuscule aperçue…
Il serait temps que le gouvernement fasse quelque chose avant que les gens ne soient même plus capable d’en parler tellement de colère il y a. Il serait temps que le gouvernement abolisse les réserves et que les autochtones vivent comme le restant des gens de leur pays. Nous sommes une société et bien prouvons-le!
F.G.
Vous soulevez-là des objections valides, que je connais bien. Il y a de nombreux cas particuliers, mais il appartient aux citoyens de faire valoir leur point de vue par l’action. Cela dit, ce dont vous me parler, c’est du peu d’intérêt du reste de la population québécoise pour le nord – on ne peut pas reprocher aux Cris d’avoir du succès. Mais il me semble que notre regard sur cette région, et sur ce qui s’y passe, seraient bien différent si davantage de Québécois misaient sur le nord.