L-actualite-Entrevue-avec-France-D-aigle

Une langue ça s'entretient

Maintenant en kiosque! Dans cet entretien avec l’auteure acadienne France Daigle, Lauréate du prix de Gouverneur général, publié dans L’actualité, Julie Barlow discute de l’état et de l’avenir de la langue française au Nouveau Brunswick.

Jean-Benoît Nadeau & Julie Barlow
Julie Barlow et Jean-Benoît Nadeau sont les auteurs de livres à succès sur la langue et la culture. Partenaires dans la vie et au travail, et parents de jumelles adoptives, ils vivent à Montréal.
Jean-Benoît Nadeau & Julie Barlow
Como escritores trilingües, Jean-Benoît Nadeau y Julie Barlow han dedicado sus carreras a cerrar brechas culturales, primero como periodistas, y ahora como autores.

Section : Extraits du livre Le français, quelle histoire!

La langue française lors de la création du Canada

Drapeau canadienExtrait du livre Le français, quelle histoire! (Chapitre 19)

En raison de leur nombre, les Canadiens français purent obtenir des Britanniques l’institution de leur propre parlement en 1791. Ils refirent le coup en 1867, au moment de la création du Canada. Ce fut une partie de bras de fer terrible : la Couronne britannique voulait unifier les cinq provinces – Ontario, Québec, Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard et Nouvelle-Écosse – en un seul pays autonome et unitaire. Au nombre d’un million, les Canadiens français ne composaient que le tiers de la population totale du Canada, mais ils constituaient une minorité de blocage. Les Canadiens français contrôlaient la plus riche province, le Québec, au centre géographique des cinq colonies. Sans le Québec, pas de Canada ! Lire la suite »

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L’argot : jargon criminel?

 

Extrait du livre Le français, quelle histoire! (Chapitre 16)

Les racines de l’argot sont aussi profondes que celles du français dominant. Au XVe siècle, le mot Argot – avec une majuscule – désignait une association de brigands, de voleurs et de tueurs qui, ensemble, parlaient un jargon (le terme provient du mot normand garg, gorge). Ce jargon n’était pas tant une langue qu’un système verbal qu’utilisaient les criminels pour n’être compris de personne en dehors du groupe, surtout pas des bourgeois et des aristocrates qu’ils dépouillaient et des autorités qui les poursuivaient. Dès le XVIIe siècle, le mot glissa de sens une première fois lorsque les bourgeois désignèrent ce jargon criminel comme de l’argot. Lire la suite »

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Le calendrier des révolutionnaires

Extrait du livre Le français, quelle histoire! (Chapitre 12)

Photo : Imageshack.us

Déterminés à faire table rase en tout, les révolutionnaires décidèrent de se débarrasser du calendrier grégorien pour créer un calendrier décimal. Pour rebaptiser les jours et les mois, le gouvernement révolutionnaire embaucha le poète Fabre d’Églantine – Monsieur « Il pleut, il pleut, bergère ». Inspiré par le climat et les cycles naturels, d’Églantine utilisa pour chaque saison divers suffixes, rattachés à des mots latins correspondant à la température typique de chaque mois. Ainsi, les mois d’automne devinrent vendémiaire, brumaire et frimaire ; les mois d’hiver : nivôse, pluviôse et ventôse ; les mois de printemps : germinal, floréal et prairial ; et les mois d’été étaient messidor, thermidor et fructidor.  Lire la suite »

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Comment Victor Hugo a-t-il sauvé la cathédrale de Notre-dame de Paris?

Extrait du livre Le français, quelle histoire! (Chapitre 16)

Photo: http://www.notredamedeparis.fr

C’est Victor Hugo (1802-1885) qui devint la grande figure des romantiques français. Sa vocation se révéla très tôt puisque ce fils d’un général de l’armée de Napoléon écrivit dans son cahier d’écolier, à 14 ans : « Je serai Chateaubriand ou rien. » Il commença son premier journal littéraire à 17 ans et obtint bientôt la reconnaissance avec ses poèmes et une série de romans populaires. Il écrivait avec une aisance et une liberté inhabituelles. À 21 ans, Hugo toucha une pension royale. En 1827, sa première pièce, Cromwell, le rendit célèbre. La préface – dans laquelle Hugo se livrait à un plaidoyer en faveur de ce qu’il appelait le grotesque (la réalité populaire) contre le canon classique de l’unité de temps, de lieu et d’action – fut considérée comme le manifeste du romantisme français. « Bien souvent, la cage des unités ne renferme qu’un squelette », écrivait-il. Quant à la pièce même, elle n’était surtout pas classique, avec ses centaines de personnages évoluant dans des dizaines de lieux. Lire la suite »

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Larousse : un grand nom de la lexicographie française

Extrait du livre Le français, quelle histoire! (Chapitre 14)

En 1849, un directeur d’école plein d’initiative, Pierre Larousse, publia la Lexicologie des écoles primaires, la première méthode complète d’enseignement de la grammaire et de l’orthographe françaises jamais publiée. Pédagogue remarquable, Larousse s’insurgeait contre la méthode courante, dite cacographique, qui consistait à demander à l’élève de choisir la bonne orthographe d’un mot parmi plusieurs variantes fautives. Sept ans plus tard, ayant fondé sa propre maison d’édition et sa librairie, il lança le Nouveau Dictionnaire de la langue française, dont la devise sera Je sème à tout vent. Même si l’Église mit ce dictionnaire à l’index, l’ouvrage se vendit à quatre millions d’exemplaires au cours des cinquante années suivantes. Lire la suite »

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Un bon blasphémateur canadien « sacre »

Extrait du livre Le français, quelle histoire! (Chapitre 20)

Au Canada, on jure encore religieusement, et la fonction première est l’imprécation. En fait, un bon blasphémateur canadien ne jure pas, il sacre. Dans ces imprécations parfois torrentielles, tout le vaisselier d’église y passe : non seulement le calice, mais le ciboire, le cierge et même parfois l’ostensoir. L’usage du mobilier, plus succinct, se limite au tabernacle, qui se prononce tabarnaque sous sa forme imprécatoire. Le reste du mobilier, comme les « bancs d’église » ou les « balustres », en est épargné. Il y a des discriminations étonnantes au chapitre du menu : ainsi dira-t-on hostie (commun) ou saint chrême (plus spécialisé), mais jamais vin de messe. Pareil pour les rites : on dira baptême, mais on n’entend jamais un Canadien « sacrer » en disant communion ou confession. Il y a une limite – ou, comme on dit au Canada, il y a un « boutte à toutte ». Lire la suite »

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Les diverses tentatives d’assimilation des francophones eurent l’effet inverse

Extrait du livre Le français, quelle histoire! (Chapitre 19)

Jusqu’en 1960, on distinguait clairement dans le discours la race française de la race anglaise. Dans l’Ouest canadien, par exemple, le Ku Klux Klan était ouvertement anti-français et anticatholique, et s’allia à maintes reprises aux partis conservateurs pour faire interdire l’enseignement du français. Le Klan mena également des actions contre les francophones du Maine. Lire la suite »

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Instituer le français

Crédit: Carlos Porto

Extrait du livre Le français, quelle histoire!(Chapitre 14)

La langue avait été au cœur du projet éducatif de la nouvelle république. Le préambule de la première Constitution, rédigée en 1791, garantissait à tous les citoyens, entre autres « dispositions fondamentales », l’éducation publique et gratuite. L’Assemblée nationale avait ensuite créé le Comité d’instruction publique. Son objectif principal était d’enseigner aux enfants à lire et à écrire en français. Grâce à l’éducation, on allait instituer le français. Les enseignants furent donc appelés instituteurs. Lire la suite »

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Le fameux accent belge

Extrait du livre Le français, quelle histoire! (Chapitre 13)

« Vous êtes belge ? » Voilà une question qui est fréquemment posée à Jean-Benoît en France, surtout au sud de la Loire. Cette confusion dans l’oreille de certains Français s’explique par le fait que Belges et Québécois transforment certaines voyelles en diphtongues (ou voyelles prononcées en deux phases), et allongent d’autres voyelles. Les prononciations sont en fait assez différentes, mais des années de purisme linguistique ont émoussé les oreilles françaises. Le Belge typique ajoute un i après le son é : ainsi, aller sonne comme alleï. Dans des mots comme bière, il étire le e (bière). En règle générale, le Québécois étire le è et y colle une diphtongue, ce qui donne une prononciation qui ressemble à bi-a-air. Le Belge a également tendance à se différencier du Français en utilisant différemment les ressources de la langue, distinguant des mots qu’un Parisien prononce de la même façon, comme brun et brin, ou bout et boueLire la suite »

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La Guillotine : une machine humanisante?

Photo : Hulton Archive/Getty Images

Extrait du livre Le français, quelle histoire! (Chapitre 12)

Vandalisme, anarchisme et terrorisme, tous créés sous la Révolution, furent calqués dans presque toutes les langues européennes. Certains termes disparurent, du moins temporairement. En 1790, le mot parlement fut aboli au sens d’institution royaliste (il désignait le plus haut tribunal de l’Ancien Régime). Après plusieurs générations, il refit son apparition en France au XIXe siècle avec sa signification anglaise.

Ce bouillonnement humain sans précédent dans l’histoire de la France suscita un foisonnement de termes et d’inventions. Avant la Révolution, le docteur Joseph-Ignace Guillotin, le médecin de Louis XVI, militait activement pour humaniser la peine capitale. Lire la suite »

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Le français, quelle histoire !

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